Le Massif des Cévennes et son Parc National dans les montagnes du Sud de la France, entre Auvergne et Languedoc, sur les départements de la Lozère, de l'Ardèche, du Gard et de l'Aveyron. Randonnées, Histoire de France.

Nationalpark der Cevennen in Südfrankreich Les Cévennes et son Parc National De Cevennen Nationaal Park in Zuid Frankrijk Cevennes National Park in Southern France

Les Cévennes et son Parc National

Les Cévennes et son Parc National

Les Cévennes et son Parc NationalLe nom des Cévennes, dérivé de l'hébreu Giben, ou du celtique Keben, signifie, dans ces deux langues, montagne. Cette double étymologie, à la fois religieuse et nationale, souche commune de toutes les appellations grecques et latines des Cévennes, a vraisemblablement une racine primitive dans les antiques idiomes de l'Inde. La chaîne cébennique, longue d'environ cent lieues, unit les Pyrénées aux Alpes. Depuis son plateau septentrional, ses cimes, qui parfois s'élèvent à une hauteur de mille toises, forment un gigantesque escalier dont les gradins escarpés s'abaissent incessamment vers le sud, jusqu'aux noirs rochers qui supportent Agde et Brescou, et se confondent ensuite avec les sables de la plage et les vagues orageuses du golfe. La plupart sont d'anciens volcans dont les laves, ruisselant sur les pentes latérales, descendirent en nappes ardentes, d'un côté jusqu'au fond des gorges du Forez et du Velay, et de l'autre jusqu'au lit frémissant du Rhône. Mais, leurs cratères, aujourd'hui éteints et couverts de forêts, n'épanchent plus sur leurs flancs, revêtus de prairies, que d'innombrables sources limpides, qui forment, en se réunissant, plusieurs rivières considérables. A l'ouest, la Loire, l'Allier, le Lot, le Tarn se précipitent vers l'Océan ; à l'est, l'Erieu, l'Ardèche, la Cèze, le Gardon se jettent dans le Rhône; au sud enfin, deux petits fleuves, l'Hérault et le Vidourle tombent dans la Méditerranée. Dans le Vivarais, surtout, plus tourmenté par les volcans, les crêtes, déchirées en vastes pans de murs crénelés, en colonnades, en cônes, figurent des citadelles de basalte en ruines qui, entremêlées de bois, de prés, de grottes, de torrents, de cascades, forment des paysages d'une sauvageté tantôt horrible, tantôt gracieuse, presque toujours ravissante.

Les Cévennes et son Parc NationalPlaçons-nous au milieu de la chaîne cébennique ; montons sur la Lozère. Elle est le centre géographique de cette histoire, le sauvage séminaire d'où sortirent les pasteurs du désert les plus nombreux et les plus célèbres, et le foyer toujours bouillonnant d'où les insurrections se répandirent dans les provinces environnantes. De cette cime, l'oeil peut presque en parcourir le théâtre, à vol d'oiseau, ou du moins en distinguer les vastes horizons. Il en est trois qui l'enveloppent comme trois ceintures. Le premier, celui des Cévennes proprement dites, est formé par le Tarn, le Rhône, l'Hérault et la mer. Le second, où les évènements, trop à l'étroit dans leur berceau, débordent sur les provinces voisines, a pour bornes le Cantal, les cours de l'Érieu et de la Drôme, du Lot et de la Garonne, les Pyrénées, les Alpes et la Méditerranée. Le troisième enfin, où les hommes et les évènements se perdent dans l'exil, embrasse toute l'Europe occidentale. Ainsi donc, laissant quelques insurrections passagères, qui s'égarent dans les vallées du Rouergue et du Dauphiné, notre principal territoire comprend six diocèses : trois le long du Rhône, Viviers, Uzès et Nismes ; trois parallèles à l'ouest, Mende, Alais et Montpellier. Mende et Viviers, au nord ; Alais et Uzès, au centre; Montpellier et Nismes, au midi. Ces six diocèses forment aujourd'hui les quatre départements de l'Ardèche, de la Lozère, du Gard et de l'Hérault.

Les Cévennes et son Parc NationalLe diocèse de Viviers, composé de trois cent quatorze paroisses, se divise en deux régions, s'étendant parallèlement du sud au nord, le haut Vivarais sur les sommets cébenniques, le bas Vivarais le long du Rhône. Le haut Vivarais se subdivise en montagnes septentrionales, ou Boutières, et en méridionales, ou Tanargues. Les Bordières, d'où sort l'Érieu, sont un groupe de gigantesques pains de sucre granitiques, dont les pics décharnés, les crêtes hérissées, les horribles précipices offrent à l'oeil, dans le lointain, l'image d'un monde tombant en ruine et périssant de vétusté. Il ne germe, sur leurs croupes stériles, que des châtaigneraies, des chènevières et les pâturages. Ils forment toute la fortune de ces pauvres montagnards, qui vivent de châtaignes et de laitage, filent leurs chanvres et leurs laines, et tannent les cuirs de leurs troupeaux.

Les Tanargues sont les plus hauts sommets cébenniques ; le Mézenc, leur roi ; le Gerbier-de-Joncs, le prosoncoupe ou cratère des prairies. Ces montagnes, couvertes de neiges presque éternelles et de vastes forèts, possèdent les sources des grandes rivières, et, conséquemment, les plus beaux pâturages et les plus nombreux troupeaux. Leurs vallées, plus grandioses, plus pittoresques, plus fécondes, produisent toute espèce de céréales et de fruits, hormis le raisin.

Les Cévennes et son Parc NationalLe bas Vivarais est formé de deux bassins principaux, séparés par la chaîne du Coiron : au nord, celui de l'Érieu, adossé aux Boutières ; au sud, celui de l'Ardèche, au pied des Tanargues. Ces montagnes, dégénérées en collines escarpées encore, s'abaissant vers le Rhône, présentent, au levant, leurs pentes abruptes où croissent le mûrier, l'olivier, la vigne aux grappes délicieuses. Les troupeaux, ici, ce sont les vers-à-soie et les abeilles. Les lieux les plus mentionnés dans ses chroniques, sont Tournon, Chalençon, Vals, sur la Chaussée-des-Géants, Privas, d'où Louis XIII et Richelieu furent repoussés par Montbrun, qui paya cette gloire de sa tête (1629), Vallon, aux immenses grottes, et Saint-Jean, dont anciennement les pieux habitants, réfugiés au cratère du Montbrul, se creusèrent, clans les vastes pores de ses gigantesques scories en forme de tours, une multitude de petites cellules, et, abeilles évangéliques, tirent leurs alvéoles des soupiraux mêmes du volcan. Au 12e siècle, le Vivarais reçut la doctrine de Valdo, réfugié dans ces montagnes, et au 16ème, celle de Luther, de la bouche d'un de ses disciples, connu sous le nom symbolique de Machopolis. En effet, à cette époque des grandes luttes de l'esprit humain, chaque tête était une citadelle de l'intelligence, chaque langue un glaive de la pensée. Le protestantisme s'établit dans presque toutes ses paroisses, et dans plusieurs îles du Rhône, entre autres celles de Lavoulte et du Pousin, pareilles, comme leur nom l'indique, à la couvée d'un oiseau qui, poursuivi sur la terre, aurait caché dans les roseaux du fleuve son nid souvent roulé par les vagues.

Les Cévennes et son Parc NationalLe diocèse de Mende, coin posé de cent soixante-treize paroisses, est tout entier dans le Gévaudan. La Lozère en coupe un tiers vers le sud : ce sont les hautes Cévennes proprement dites. Cette montagne, semblable à une grande muraille onduleuse, sépare le haut Gévaudan catholique du bas, presque tout protestant, et divise leurs populations qui, bien que d'un même sang, ont dans le génie la différence et l'antipathie de leurs religions rivales. Tournons le dos au Gévaudan, qui s'étend sur les montagnes de la Margeride, du monastique Aubrac et du Palais-du-Roi, palais de l'hiver, tyran morose qui, de son trône non moins orageux que celui des monarques, est tous les ans précipité par le soleil. Derrière nous, la féodale et monastique Mende, isolée du monde, se cache dans un abîme comme dans un sépulcre. Elle git au pied du mont Mimat, dont la cime porte, comme un nid d'aigle, la grotte de Saint-Privat. Un hermite l'habite encore, et croît être, en vivant ainsi, le successeur de ce premier apôtre du Gévaudan.

Les Cévennes et son Parc NationalMaintenant, les hautes Cévennes sont toutes devant nous, vers le sud, pressées confusément comme un troupeau parqué entre les deux Tarn et les deux Gardon. Ces quatre torrents forment, par leurs sources rapprochées et par leurs confluents, un immense losange, dont quatre bourgs ou villes marquent les angles : Florac au nord, Ners au midi, Genouillac à l'orient, Saint-André-de-Valborgne à l'occident. Seulement, les montagnes qui débordent au nord cette enceinte de torrents, ne la remplissent pas au sud, et s'arrêtent à Anduze et à Alais, avant la jonction des deux Gardon. Les hautes Cévennes nous apparaissent comme un amas confus de montagnes profondément déchirées par les torrents, et dont les crêtes granitiques entourent, nues et hérissées, les trois vastes plateaux calcaires de l'Hôpital, de l'Hospitalet et du Cosse : le premier couvert de forèts, le second de pâturages, le troisième de céréales. L'hiver, leurs cimes sont battues de vents impétueux et de tourbillons de neige ; l'été, elles sont sujettes à la brume, à la grêle, au tonnerre. Cinq ou six cents bourgs, hameaux, bergeries, sont disséminés dans leurs gorges, suspendus sur les torrents, perchés sur les rochers, dont le sentier escarpé, serpentant de l'un à l'autre, n'est accessible qu'au sabot agile du mulet. Parcourons les deux côtés du losange, jusqu'à son angle septentrional. Le Tarn, descendant du plateau de l'Hôpital, ombragé par la forèt de la Faus-des-Armes (hêtre de la bataille), arrose, deux lieues plus bas, le Pont-de-Montvert, trois hameaux jetés entre trois torrents et reliés par deux arcades.

Les Cévennes et son Parc NationalLe Tarnon, sorti de l'Aigoal, baigne Vébron, gros bourg, Salgas, manoir féodal flanqué de quatre énormes tours. Il reçoit le Mimente, dont après les orages les eaux couleur de sang se mêlent difficilement avec les siennes, blondes comme une huile bourbeuse et passe sous Florac. Florac, petite ville murée, bâtie en pente au pied du Cosse, dont l'extrémité orientale, hérissée de rochers en forme de tours, figure les ruines d'une citadelle. De leur base, jaillit en bouillonnant, une source abondante et limpide, qui donne à la ville, qu'elle lave, le nom de Fleur d'eau (Flos aquaticus). Souillée de ses immondices, elle se jette dans le Tarnon, et un peu plus bas, avec lui, dans le Tarn, au Pré du Seigneur, que tant de torrents ne peuvent désaltérer, dit le proverbe, tant il. est vaste.

Remontons le Mimente, ce torrent des violettes (mimosensis), et par cette porte, pénétrons dans l'intérieur des hautes Cévennes. Voici d'abord la Salle-Montvaillant, Saint-Julien-d'Arpaon, puis Cassagnas et ses cavernes. Le torrent a sa source au Bougès, dont la cime septentrionale, couverte d'une forêt nommée Altefage (alta fagus), est couronnée de trois hêtres séculaires. A ses pieds, vers le nord, est Grisac, berceau du pape Urbain V. Errons dans cet inextricable labyrinthe de montagnes et de forêts. Parmi cette multitude infinie de hameaux, on ne compte guère d'un peu considérable que deux bourgs: Barre-des-Cévennes, au couchant, et, au levant, Saint-Germain-de-Carlberte. De Barre et de Saint-Germain coulent deux petits torrents dont le cours imite la bifurcation et les sinuosités des deux Gardon, qui embrassent les hautes Cévennes. L'occidental arrose Bousquet-la-Barthe, Maulezon, Sainte-Croix, Notre-Dame-de-Valfrancesque ou de la Victoire, ainsi surnommée d'une victoire remportée par Charles-Martel sur les Maures. Le prince franc fonda une chapelle à la Vierge, sur le champ de bataille, encore semé de tronçons d'armes et nominé le Ferroulant. Le ruisseau qui le baigne, joint le torrent oriental qui descend de Saint-Étienne, bourg muré, après quoi ces deux affluents forment un petit Gardon, qui prend son nom de Mialet où il passe pour se jeter plus bas dans celui d'Anduze. Cependant, les deux principaux Gardon, nés, celui d'Anduze, au camp de l'Hospitalet, celui d'Alais, près du Champ-Domergue, traversent, le premier, Saint-André-de-Valborgne, dont le nom exprime l'horreur de son site; le second, le Collet de Dèze, et descendent, impétueusement, en formant la ceinture méridionale des hautes Cévennes, qu'ils séparent du diocèse d'Alais, où ils vont se réunir.

Histoire de pasteurs du désert, 1685-1789, Volume 1 Par Napoléon Peyrat

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Les Cévennes et son Parc NationalCréé par décret du 2 septembre 1970. Zone centrale: 91 279 hectares, 52 communes (Lozère et Gard), Population permanente: près de 600 âmes. Zone périphérique: 229 726 hectares. 117 communes (Lozère, Gard et Ardèche) et 41 000 habitants. Budget du parc en 1998: 31,8 millions de francs. 66 salariés permanents, une douzaine de non-titulaires, une vingtaine de saisonniers.

Jumelé depuis 1984 avec le parc national du Saguenay au Québec. Il est entré en 1985 dans le réseau international de réserves de la biosphère, lancé par l'Unesco. La réserve des Cévennes est jumelée avec celle de Montseny en Catalogne.

Les Cévennes et son Parc NationalParc de moyenne montagne: le Mont Lozère culmine à 1 699 mètres. Trois influences climatiques (océanique, méditerranéenne et continentale); diversité géologique (calcaire, granite et schiste). Plus de 1 600 espèces végétales: 35 espèces protégées et 21 espèces uniques au monde. La forêt a colonisé 58 000 hectares en zone centrale. 89 espèces de mammifères, 208 d'oiseaux, 35 de reptiles et batraciens, et 24 de poissons. Le parc national a réintroduit le cerf, le chevreuil, le castor, les vautours fauve et moine et le grand tétras.

Le Mt Lozère est à la base une masse de granité montée des entrailles de la terre voila quelque 280 millions d'années. Les hauts plateaux présentent des "sommets" aux sols froids et lessivés, des replats aux sols plus épais et cultivés par l'homme. Mais la première impression se résume à des chaos de blocs de granité éboulés soit sur une pelouse où poussent le nard - une graminée -, la fétuque, les myrtilles, la callune. soit dans des landes à genêts aux jaunes flamboyants lors de la floraison, au-dessus desquelles planent des rapaces qui traquent rongeurs, reptiles et insectes.

Les Cévennes et son Parc NationalDes paysages ras, sur lesquels s'abat un hiver presque aussi rude qu'au cercle arctique, parcourus de ruisseaux qui se rejoignent dans les vallées. Les eaux du Tarn s'écoulent ainsi paisiblement au milieu des pâturages et des tourbières. Jusqu'à 1 300 mètres d'altitude, des troupeaux de bovins, de la race Aubrac de plus en plus fréquemment, broutent à proximité de hameaux et de fermes traditionnelles maintenues en activité.

La pauvreté ou la richesse des pâturages a toujours dépendu sur le Mont Lozère de la gestion de l'eau. L'irrigation a joué là un rôle considérable. On peut encore trouver trace des béais - des canaux - longs de plusieurs kilomètres qui permettaient de conduire l'eau jusqu'aux maisons, d'irriguer les prés et de faire tourner les moulins.

Un autre signe particulier du Mt Lozère tient à la présence des tourbières. On en a dénombré près de mille, dont certaines couvrent plusieurs dizaines d'hectares (tourbière des Sagnes). Ces "mares" acides héritières de l'époque glaciaire permettent à des mousses, des laiches ou au droséra, une plante carnivore, de se développer. Les Cévennes et son Parc NationalLes grenouilles et des oiseaux migrateurs comme les chevaliers et les vanneaux apprécient également les tourbières qui, en absorbant de grands volumes d'eau pour la restituer assez progressivement, régulent, à leur niveau aussi, son cycle.

Le versant nord de la montagne du Bougés ne diffère guère dans sa configuration du Mont Lozère. Son versant sud en revanche prend des accents plus méridionaux avec des hameaux de schiste et des châtaigneraies.

Dans ces contrées, l'évolution de la végétation reflète pour une grande part l'histoire du pastoralisme et, inversement, de la présence de la forêt. Ainsi, les forêts de hêtres et de sapins qui peuplaient le Mt Lozère à l'époque gallo-romaine ont été détruites progressivement par les troupeaux. Mais depuis le début du XXe siècle, la lande, les pins et les bouleaux commencent à reconquérir les pâturages délaissés. l'ONF favorise aussi l'implantation de hêtres et de sapins. Les sangliers, cerfs et chevreuils ont colonisé ces forêts. Et sur le versant nord du Bougés, le parc national a réintroduit le grand tétras, disparu depuis deux siècles.

Pour mieux faire connaissance avec cette région, le parc national des Cévennes offre aux visiteurs la possibilité de faire une première étape à l'écomusée du Mont Lozère, dont le point central est situé au Pont-de-Montvert.

Les Cévennes et son Parc NationalRandonnées dans les Cévennes
Les Cévennes offrent un choix royal aux marcheurs. Plus de 2000 kilomètres de sentiers balisés et jalonnés de gîtes d'étape et de chambres d'hôtes (chaque année, le parc national publie une fiche réactualisée) et parfois d'auberges s'offrent aux amateurs.
- Les sentiers de grande randonnée: le GR7 et ses variantes GR70 Chemin Stevenson, GR71 et GR72, le GR6 et ses deux variantes, le GR60 le sentier de la grande draille et le GR62, et enfin les GR43 et GR44.
- Les circuits de grande randonnée; parallèlement aux GR, ils constituent des itinéraires autour des principaux massifs: tour du Mont Aigoual GR66, 78 km, tour des Cévennes GR67, 130 km, tour du Mt Lozère GR68, 110 km, tour du Causse Méjean GR de pays, 100 km.
- Les sentiers de découverte du paysage, d'une durée de quelques heures et accessibles pratiquement à tous, ont été créés par le parc national. Un guide des randonnées du parc est en vente dans les centres d'information.
- Les sentiers d'interprétation de la nature, avec tables explicatives.
- Les sentiers guidés du parc national: en été, au départ des centres d'information et sur inscription préalable, ils permettent, sous la conduite du personnel du parc, de mieux découvrir la région. "Le Parc National des Cévennes", Louisette Gouverne, Nathalie Locoste, Actes Sud Edition, Acheter le livre  Les Cévennes et son Parc National

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Les Cévennes et son Parc NationalLa géographie du vaste territoire explique la diversité des climats qu'on y trouve. Dans la vallée du Rhône, la température moyenne passe progressivement de 12°5 à Lyon à 15" à Arles.
Mais ce grand couloir est balayé par deux grands vents qui provoquent de brusques et rudes changements de température: le mistral, vent du N.-O., dont la violence croît au fur et à mesure qu'on descend la vallée; le vent du midi, moins fréquent, encore assez violent; bien que l'un soit glacial et l'autre brûlant, tous deux ont la propriété de dessécher l'atmosphère et de la rendre ainsi incroyablement transparente.

Le bassin du Puy en Velay jouit d'un climat très doux (13°5) eu égard à l'altitude de la ville du Puy en Velay (625 m.), mais, dans les montagnes du Velay comme dans celles du Gévaudan, de la Margeride et de l'Aubrac, le climat dépend surtout de l'altitude; aux environs de 1.000 m., la température moyenne tombe à 8°5 tandis que les pluies atteignent 1 m. 50 de hauteur; et il ne faut pas perdre de vue que la plupart des villages qui peuplent ces montagnes faiblement inclinées se trouvent entre 900 et 1.000 m. d'altitude. Pendant l'hiver naturellement, ces régions sont ensevelies sous la neige, une neige que les vents d'O. soumettent à des alternatives de dégel. Mais les vents du N. et de l'E. en font une véritable Sibérie. Les étés sont chauds, compte tenu de l'altitude.

Les Cévennes et son Parc NationalSur son versant occidental, surtout sur le plateau du Mézenc, le Vivarais offre un climat analogue; mais son versant oriental appartient au climat rhodanien et la vallée de l'Ardèche jouit déjà du climat méditerranéen.
Si le Vivarais offre à lui seul des climats si divers, le Rouergue et les causses ont un unique climat qui fait transition entre celui de l'Auvergne et celui de la Méditerranée. C'est que les vents de l'Atlantique, quoique affaiblis, y parviennent sans rencontrer d'obstacle et que celui du S.-E. apporte jusque-là les bourrasques brutales de la Méditerranée. Mais, par suite de la nature du terrain qui les absorbe, les fortes pluies (1 m. 25 sur le Larzac) laissent la surface des causses à peu près sans eau; le calcaire d'autre part s'échauffe rapidement au soleil et se refroidit assez lentement; d'où il suit que, du fait de leur altitude, les causses ont des hivers rudes mais sans neiges persistantes, et des étés brûlants. Le contraste est moins accusé sur les segalas du Rouergue.
L'Albigeois participe du climat aquitain, doux et pluvieux avec des étés accablants.

Les Cévennes et son Parc NationalLes deux massifs du mont Lozère et de l'Aigoual sont le point de rencontre de toutes ces influences. Dominant d'environ 500 m. la région toute proche des causses, ils accrochent tous les nuages venus de l'Atlantique et reçoivent une énorme quantité de pluies en rapport avec leur altitude supérieure à 1.500 m. (1 m. 50 pour le mt Lozère, plus de 2 m. pour l'Aigoual). Mais dès qu'on descend leur versant oriental, on passe au climat méditerranéen, transition d'autant plus brusque que le dit versant est abrupt.
Le Bas-Languedoc offre le pur climat méditerranéen: hivers tièdes avec des bourrasques glacées, étés précoces et brûlants, pluies rares mais torrentielles.

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Les Cévennes et son Parc NationalLes principales ressources du territoire vers 1950 étaient: élevage du bœuf dans les montagnes granitiques et basaltiques; élevage du mouton dans les montagnes calcaires avec transhumance en été; céréales dans la plaine du Velay et sur le plateau du Rouergue; châtaignes et marrons en Vivarais et en Rouergue; primeurs et fruits dans la vallée du Rhône; vigne en Bas-Languedoc; fromage de Roquefort.

Pour l'industrie: aciéries de Saint-Etienne et de ses satellites de la vallée du Gier; rubanerie de Saint-Etienne, Bourg-Argental, Anonnay; filatures et tissages de Mazamet, Castres et Lodève; peausserie de Millau et d'Annonay; dentelle du Puy en Velay. Enfin la soie qui, dans la dépendance de Lyon, occupe une partie de l'activité sur tout le versant oriental des Cévennes. Mais de même que la difficulté de trouver des bergers a entraîné la diminution progressive des troupeaux de moutons, de même, la cherté de la main-d'œuvre, qui a suivi la disparition des entreprises familiales, a entraîné la diminution rapide des magnaneries. La production en usines de la soie artificielle a relevé, tout en la modifiant totalement, cette industrie naguère si vivante.Les Cévennes et son Parc National

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Vocabulaire. — Un certain nombre de mots du glossaire géographique, languedociens, sont d'usage courant: truc, sommet isolé; suc, suchet ou suquet, sommet arrondi; puech, py, puy ou pi, dôme souvent volcanique; baou, baousse, petit sommet; bar, barre, sommet en barre, du celtique barr, fermeture; caylard, cheylard, de kaïr, roc abrupt; cham, sommet; claps, clapas, éboulements de rochers; peyre, pierre (la Peyro Plantado, pierre plantée, non pas en menhir sacré mais en jalonnement utile dans les « sibères » ou tourmentes de neige); serre, serreyrède, montagne en barrière dentelée, sierra; causse, plateau calcaire; can, tout petit causse en placage sur les granits; avens ou tindouls, trous et gouffres d'absorption des eaux dans les Causses; baumes et spélunques, grottes; béai, béalière, petit canal d'irrigation; lavogne, dans les Causses, citerne à ciel ouvert recueillant les eaux de pluies pour la boisson des troupeaux, fou, sorgue, source, résurgence des eaux des plateaux calcaires; ratchs, tourbillons dans les rivières; plantai, bassin calme dû à une retenue des eaux; mas, maison; casaouet, cazalet, chazelle ou tchazelle, cabane ronde en pierre sèche à toit conique; draille ou draye, chemin de transhumance, situé sur les arêtes de partage des eaux.

L'Etoile Chambres et tables d'hôtes à La Bastide Puylaurent entre Lozère, Ardèche et Cévennes

Ancien hôtel de villégiature avec un magnifique parc au bord de l'Allier, L'Etoile Maison d'hôtes se situe à La Bastide-Puylaurent entre la Lozère, l'Ardèche et les Cévennes dans les montagnes du Sud de la France. Au croisement des GR7, GR70 Chemin Stevenson, GR72, GR700 Voie Régordane (St Gilles), Cévenol, GR470 Sentier des Gorges de l'Allier, Montagne Ardéchoise, Margeride, Gévaudan et des randonnées en étoile à la journée. Idéal pour un séjour de détente.