Le Gévaudan et l'histoire de France Das mittelalterliche Gevaudan Le Gévaudan et l'histoire de France

Le Gévaudan et l'histoire de France

Le Gévaudan et l'histoire de France

Le Gévaudan et l'histoire de FranceLe Gévaudan, reconquis de haute lutte sur les Arabes par la dynastie carolingienne, se trouve très vite écartelé entre une autorité franque toute théorique car trop lointaine et la principauté d'Aquitaine, elle-même quelque peu indifférente à cette région pauvre, essentiellement agricole et difficile d'accès.

Jusqu'à la guerre de Cent Ans, l'autorité réelle sera en fait détenue par quelques grandes seigneuries féodales (les « huit baronnies ») suffisamment puissantes et organisées pour négliger de trop étroites allégeances. Seule l'Eglise peut à cette époque être considérée comme un « contre-pouvoir » qui, progressivement, va s'établir comme relais de l'autorité royale (acte de paréage de 1306).

Le Gévaudan et l'histoire de FranceCette autorité royale peut être considérée comme définitivement assise à la fin du XV' siècle. Ainsi du IX' au XV' siècle plus d'un demi-millénaire ! Les « huit baronnies du Gévaudan » tiennent le pays selon le principe du lien vassalique étayé par un réseau dense de forteresses et de châteaux, symbole et de protection et de sujétion, rassurant ou terrifiant selon les époques, les endroits... et le caractère du détenteur du fief.

Il faut citer ici Saint Julien du Tournel, St Julien d'Arpaon, le château de Portes (dans le Gard mais propriété des Châteauneuf de Randon), du Luc sur le Chemin de Stevenson GR70 (entre autres forteresses imprenables) dont seul l'écoulement des siècles pouvait avoir un jour raison...

Mise à part une petite seigneurie, assez dense et présente pendant toute cette période dans le Sud-Est du Gévaudan, le système d'emprise féodale est classique et relativement homogène. Le seigneur tient en fief (théoriquement du roi) un territoire qu'il alloue à d'autres seigneurs de moindre importance. Eux-mêmes se fidélisent des guerriers et des paysans par la distribution de tenures permettant aux familles de subsister en échange de services ou d'impositions qui assurent la maintenance du château et de son système défensif ainsi que l'économie de son territoire.

Ces maisons fortes, castels en tout genre, sites défensifs, manoirs ou tours de guet, villages enclos de hautes murailles, sont toujours là présents, parfois à l'état de ruines grandioses sur leur tertre apparemment inexpugnable; mais aussi parfois toujours vivants, entretenus, restaurés par d'actuels propriétaires souvent issus de lignages ancestraux...

Au fil de votre promenade à travers le Gévaudan médiéval, vous rencontrerez tous les styles imaginables :

Le modèle « classique » entouré de murailles avec ses tours de défenses en saillie, précédées parfois d'une première enceinte extérieure. Entre l'enceinte et la muraille, des douves. Si le pont-levis et la herse ont disparu, les merlons et créneaux sont souvent là pour protéger un chemin de ronde qu'il vaut mieux tenter d'imaginer que de chercher à arpenter. Archères, mâchicoulis continuent à protéger les courtines. Le donjon, enfin (voir le château du Luc, la Tour des Anglais à Châteauneuf), pièce maîtresse d'une ultime défense, qui surplombe encore bien souvent les vestiges assoupis de ces vaisseaux de pierre, tout mouillés de brume et aux contours incertains.

La protection des populations du fief, mais aussi symbole de force et de pouvoir, une deuxième génération de bâtisses verra le jour en Gévaudan entre le XV" et le XVI" siècle. D'aspect médiéval, ce château créé ou remanié cherche moins à défendre qu'à impressionner (château de Roquedols à Meyrueis, de Montesquieu à La Malène, de la Caze à Sainte-Enimie, de Castanet près de Villefort sur le GR72). Symbole de prestige, il présente une architecture certes encore militaire mais où l'esthétique l'emporte déjà sur le stratégique, dans des sites plus riants, moins exposés aux intempéries et aux rigueurs de l'altitude.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceUne troisième génération apparaît au XVII" et XVIII" siècles. Demeure seigneuriale, elle reste imposante, voire austère (château de la Baume), mais le souci de l'équilibre et de la luminosité lui donne maintenant un aspect nettement plus résidentiel (château de Barre à Langogne, d'Ayres à Meyrueis). Le donjon a totalement disparu, le système défensif n'existe même plus ou tout au plus à l'état de souvenir. Ce sont maintenant les jardins à la française, les parcs arborés et les grandes fenêtres qui laissent entrer dans la maison lumière et végétation paysagée. Symbole de la réussite économique et sociale d'une famille, le confort et la décoration priment sous les effluves italianisantes des « Folies » de Montpellier.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceVous rencontrerez du XII' siècle, du XIV', du XVI', XVIII' et XIX' siècle. Mais pour autant ne manquez pas la visite du château de La Baume. Et Marvejols, Chanac et son donjon (et son église romane au style très épuré !). Il y a même un calvaire carolingien sur le Causse Méjean (village du Buffre). Quant aux dolmens et menhirs, caps barrés et enceintes préhistoriques, ils parsèment toute notre région des Cévennes (Mont-Lozère, Causse de Sauveterre et Causse Méjean). Un magnifique mausolée romain (près de Lanuéjols) et la cité galloromaine de Javols (détruite à la fin du III' siècle) valent également le détour !

Le Gévaudan, reconquis de haute lutte sur les Arabes par la dynastie carolingienne, se trouve très vite écartelé entre une autorité franque toute théorique car trop lointaine et la principauté d'Aquitaine, elle-même quelque peu indifférente à cette région pauvre, essentiellement agricole et difficile d'accès.

Jusqu'à la guerre de Cent Ans, l'autorité réelle sera en fait détenue par quelques grandes seigneuries féodales (les « huit baronnies ») suffisamment puissantes et organisées pour négliger de trop étroites allégeances. Seule l'Eglise peut à cette époque être considérée comme un « contre-pouvoir » qui, progressivement, va s'établir comme relais de l'autorité royale (acte de paréage de 1306). Cette autorité royale peut être considérée comme définitivement assise à la fin du XV' siècle.

Ainsi du IX' au XV' siècle plus d'un demi-millénaire ! Les « huit baronnies du Gévaudan » tiennent le pays selon le principe du lien vassalique étayé par un réseau dense de forteresses et de châteaux, symbole et de protection et de sujétion, rassurant ou terrifiant selon les époques, les endroits... et le caractère du détenteur du fief. Il faut citer ici Saint Julien du Tournel, St Julien d'Arpaon, le château de Portes (dans le Gard mais propriété des Châteauneuf de Randon), du Luc sur le Chemin de Stevenson le GR70 (entre autres forteresses imprenables) dont seul l'écoulement des siècles pouvait avoir un jour raison...

Mise à part une petite seigneurie alleutière, assez dense et présente pendant toute cette période dans le Sud-Est du Gévaudan, le système d'emprise féodale est classique et relativement homogène. Le seigneur tient en fief (théoriquement du roi) un territoire qu'il alloue à d'autres seigneurs de moindre importance. Eux-mêmes se fidélisent des guerriers et des paysans par la distribution de tenures permettant aux familles de subsister en échange de services ou d'impositions qui assurent la maintenance du château et de son système défensif ainsi que l'économie de son territoire.

Ces maisons fortes, castels en tout genre, sites défensifs, manoirs ou tours de guet, villages enclos de hautes murailles, sont toujours là présents, parfois à l'état de ruines grandioses sur leur tertre apparemment inexpugnable; mais aussi parfois toujours vivants, entretenus, restaurés par d'actuels propriétaires souvent issus de lignages ancestraux...

Au fil de votre promenade à travers le Gévaudan médiéval, vous rencontrerez tous les styles imaginables. Le modèle « classique » entouré de murailles avec ses tours de défenses en saillie, précédées parfois d'une première enceinte extérieure. Entre l'enceinte et la muraille, des douves. Si le pont-levis et la herse ont disparu, les merlons et créneaux sont souvent là pour protéger un chemin de ronde qu'il vaut mieux tenter d'imaginer que de chercher à arpenter. Archères, mâchicoulis (voir notamment les hourds restaurés du château de Saint-Germain-de-Calberte) continuent à protéger les courtines. Le donjon, enfin (voir le château du Luc, la Tour des Anglais à Châteauneuf de Randon), pièce maîtresse d'une ultime défense, qui surplombe encore bien souvent les vestiges assoupis de ces vaisseaux de pierre, tout mouillés de brume et aux contours incertains.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceLa protection des populations du fief, mais aussi symbole de force et de pouvoir, une deuxième génération de bâtisses verra le jour en Gévaudan entre le XV" et le XVI" siècle. D'aspect médiéval, ce château créé ou remanié cherche moins à défendre qu'à impressionner (château de Roquedols à Meyrueis, de Montesquieu à La Malène, de la Caze à Sainte-Enimie, de Castanet près de Villefort sur le GR72). Symbole de prestige, il présente une architecture certes encore militaire mais où l'esthétique l'emporte déjà sur le stratégique, dans des sites plus riants, moins exposés aux intempéries et aux rigueurs de l'altitude.

Une troisième génération apparaît au XVII" et XVIII" siècles. Demeure seigneuriale, elle reste imposante, voire austère (château de la Baume), mais le souci de l'équilibre et de la luminosité lui donne maintenant un aspect nettement plus résidentiel (château de Barre à Langogne, d'Ayres à Meyrueis). Le donjon a totalement disparu, le système défensif n'existe même plus ou tout au plus à l'état de souvenir. Ce sont maintenant les jardins à la française, les parcs arborés et les grandes fenêtres qui laissent entrer dans la maison lumière et végétation paysagée. Symbole de la réussite économique et sociale d'une famille, le confort et la décoration priment sous les effluves italianisantes des « Folies » de Montpellier.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceLa dernière génération, celle d'un XIX" siècle entiché à nouveau d'art gothique, se lance dans le château décor où un esthétisme quelque peu de « carton-pâte » se plaît aux facéties architecturales, heureusement tempéré en Gévaudan par un bon sens « bien de chez nous » et un souci concret d'habitabilité (voir le château d'Orfeuillette près de la Garde ou le château de la Chastre à Saint-Alban sur Limagnole, proche de la forteresse du même nom en pleine restauration).

Couleurs des pierres, encorbellements, tourelles d'angle, meneaux ornent des façades parfois beaucoup plus anciennes, remaniées, flattant le narcissisme de familles « arrivées » de retour au pays mais se refusant à contrarier l'aménagement intérieur et le confort de vie que les rigueurs climatiques de notre région rendent dorénavant pour le moins impérieux.

Tout est langage. Ecoutons celui des châteaux au beau pays de Gévaudan. Il raconte et raconte encore, sans jamais se lasser, l'histoire de chaque vallée et de ses hauts plateaux, celle des voies de transhumance et des chemin de pèlerinage. Celle de la reconquête sur les Wisigoths, les Sarrasins et enfin sur l'Anglais. Protections ? Harcèlements ? Les deux, bien sûr, selon les époques et les conflits locaux. Ainsi les chevaliers pariers de La Garde-Guérin, tour à tour pilleurs puis défenseurs du GR700 Voie Régordane. Chevaliers, bandits puis vassaux de l'évêque comte de Mende pour la défense des marchands et des pèlerins.

Un des plus jolis villages fortifiés de France où la tradition de l'accueil et de la protection des voyageurs perdure depuis mille ans, encore actuellement à l'abri de ses murailles et de ses maisons fortes. Ainsi la Tour des Anglais à Châteauneuf-de-Randon où périt du Guesclin qui, post mortem, obtint ici son ultime succès. « Mort, où est ta victoire ? »-« A Châteauneuf en Gévaudan, ne vous déplaise » ... et la Tour d'Apcher, dernier vestige de cette puissante baronnie, qui vit la victoire de simples paysans sur des troupes de soldats pillards plus qu'aguerris... Castelbouc à la légende sulfureuse, Aubrac et ses moines chevaliers-servants. La Lozère, par ses châteaux, n'en finit plus d'évoquer sa bravoure guerrière et de conter ses hauts faits d'armes. Ses chansons de geste, elle les a gravées dans ses pierres comme dans son coeur. À jamais.

Qui n'a pas pensé un jour, marcher "sur les pas de la Bête" en pays du Gévaudan ? Les possibilités sont nombreuses: quatre boucles des "Tours de Margeride " vous permettront de parcourir ce massif de montagne douce. Boucle d'Aumont-Aubrac: découverte de la terre des Gabales, des fouilles et du musée archéologique de Javols. Le circuit s'élève jusqu'au Truc de Fortunio et surplombe le magnifique lac de Charpal. Dans son tracé nord, le GR43 côtoie les bisons de la Margeride (Sainte Eulalie). Boucle de Grandrieu: le chemin emprunte la draille de Margeride sur les crêtes du Massif. Retour par Châteauneuf de Randon, fief du vaillant Du Guesclin. Boucle de Langogne: Itinéraire au départ de Langogne et du lac de Naussac. Il s'élève jusqu'à Grandrieu et les sommets du Randon. Après Belvezet, les paysages changent dans la haute vallée du Lot et les contreforts des Cévennes (Prévenchères, La Bastide-Puylaurent). Boucle du Malzieu ville: La plus courte des boucles de Margeride, elle débute au Malzieu ville, bourg traditionnel moyenâgeux parfaitement restauré. Chemin marqué par l'histoire de la Résistance. A partir de Mende, et de sa superbe cathédrale gothique, une bretelle d'accès offre la possibilité de rejoindre les "Tours en Margeride ".

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Les évêques du Gévaudan

Le Gévaudan et l'histoire de FranceLe premier évêque élu par les chrétiens Gabales fui, suivant de vagues indications, le disciple de St-Martial de Limoges, St-Séverin. Il devait être assez habile pour concilier l'union de l'église avec une administration encore effective et, malgré le despotisme romain, ériger édifices, oratoires et croix.

Ses successeurs, qui ont noms Saint-Firmin (314) et Génialis, cité comme "diacre de la cité du Gévaudan au concile d'Arles", siégeaient à Anderitum (Javols).

Sous l'invasion Vandale de 408, le castrum de Grèzes, résista alors que Javols était prise et rasée. Son évêque, St-Privat, s'enfuit au mont Mimat, poursuivi par Crocus, le chef barbare, qui le tua sur son refus d'intervenir pour obtenir la reddition de Grèzes. D'autres disent : "devant le refus du castrum de se rendre".

Son corps fut enseveli, dit-on, sur l'emplacement de la cathédrale de Mende. Les miracles s'y multipliant et attirant fidèles et habitants de Javols, Mimate (Mende) fut fondée autour du tombeau.

Les Wisigoths après les Vandales dévastèrent le Gévaudan. Eric, leur chef, nomma gouverneur Victorius qui chassa les évêques. Ils ne reparurent qu'à sa mort. En 484, on trouve, en Gévaudan, Valère, qui se signale par un hommage de fidélité au pape St-Léon. Puis, en 506, Léontinus délègue son diacre Optimus au concile d'Agde.

La victoire de Clovis, en 507, sur les Wisigoths, annexe le Gévaudan à l'Austrasie et St-Hilaire, vulgairement appelé Chéli, s'installe à Javols, qui renaît de ses cendres. St-Eventhe, qui lui succède se maintient à Javols et participe au concile d'Orléans, précédant l'irascible querelle de Palladius et de St-Grégoire de Tours qui voulait absorber le gouvernement du Gévaudan. Leurs violents démêlés se continuent et font assassiner Innocentius. St-Louvent est intronisé à la suite. Mais ce dernier est assassiné à son tour et Agricole, fuyant Javols, revient à Mende, en 625. Il assiste au concile de Reims avant de céder place à St-Ibère qui, en 630, bénit, comme sainte, l'abbesse du monastère de Ste-Enimie, sœur du roi Dagobert, dit la légende.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceEn 688, le Gévaudan revient à l'Aquitaine. Mende et Javols se disputent l'évêché, lorsque surgit l'invasion Sarrazine et il faudra attendre son écrasement à Moissac, par Charles-Martel, pour voir reparaître, à Mende, cette fois, St-Frézal, qui y est assassiné. Malgré ce crime, Agenufle s'y maintient et également son successeur, Guillaume I, qui modestement s'intitule « évêque de Mende », tandis que Etienne I, qui viendra après, prendra la dénomination d'évêque du Gévaudan.

En 998, grande liesse pour Langogne, l'évêque Mantfred pose la première pierre de son église.

En 1052, Aldebert de Peyre fonde le monastère de Chirac et en 1095, Guillaume II consacre l'église de St-Flour. A la suite, Robert, délaissant la mitre d'abbé de Chanteuges, prend le siège de Mende devançant Aldebert de Peyre II qui a l'honneur de voir commencer la construction de sa cathédrale et d'en poser la première pierre, mais trépasse la même année et laisse place à Guillaume III.

Inlassablement les évêques envient le pouvoir temporel du Gévaudan. Aldebert III du Tournel devait parvenir à arracher cet avantage en 1151. Il allait à Paris, prêtait serment de fidélité au roi Louis VII, qui, acceptant l'hommage, délivrait la fameuse charte de la "Bulle d'or", scellée du monarque. Elle valait attribution et qualification de comte du Gévaudan, en usurpation d'un titre détenu par le comté de Grèzes. Cette spoliation attirait violentes représailles et l'évêque, malgré sa précaution de faire encercler de murailles le bourg de Mende, était attaqué par son propre frère et par la noblesse du pays qui l'arrêtaient, en son château de Capieu, le jetaient en prison où il mourait.

En 1112, le Gévaudan passait sous la domination du roi d'Aragon, mais hommage ne devait lui être rendu qu'en 1204. Entre temps Guillaume IV de Peyre Etienne II et Odilon de Mercœur se disputaient l'évêché ; Etienne II, sacristain de Brioude, "homme de mérite mais dont la naissance était vicieuse" était élu par le chapitre de la cathédrale. Il était intronisé à la place de Guillaume IV, faute de n'avoir pu avoir le siège de Chartres où l'avait fait nommer l'évêque de Bourges. Odilon de Mercœur, quoique désigné par Rome, bon gré mal gré, devait attendre la vacance de l'épiscopat. Du reste, le prélat en place devenait fort populaire, en arrêtant les dévastations de récoltes des terres paysannes sur lesquelles s'octroyaient droit de chasse soldats et nobles et aussi pour les représailles exercées contre le baron de Randon qu'il avait soumis et lui brûlait 18 de ses châteaux.

Odilon de Mercœur, une fois en possession de l'évêché montrait équivalente fermeté en contraignant E. de Tournel à lui restituer le château de Capieu et en mettant en fuite de Randon qui tentait d'assiéger Mende.

Etienne III, venu en 1277, assistait au concile d'Orléans, avant de laisser place à Julien qui demeurait en même temps cardinal de St-Pierre-ès-Liens, de sorte qu'il ne tardait pas à remettre sa crosse à Guillaume IV Durant, auteur de l'acte de paréage avec le roi Philippe Le Bel, acte qui ne devait être réalisé que .par son successeur et neveu Guillaume V Durant, en 1296.

Jean-des-Arcis n'allait faire, en 1331, qu'un bref passage à Mende, il était nommé a Amiens et laissait sa suite à Aldebert de Loadet, puis à Pierre I d'Aigrefeuille, en 1357, et à Guillaume VII.

En 1361, Pierre II Gérard de la Rovère, neveu du pape Urbain V, évêque d'Uzès, transféré à Mende, était appelé à Avignon, laissant le diocèse à ses vicaires, sans titulaire jusqu'en 1371, date à laquelle prenait siège Guillaume VI de Chanac qui léguait sa suite à Bompar Virgile, lequel ne tardait pas à passer à Uzès, faisant place à Pons de la Garde. Il avait l'honneur de présider les Etats Généraux, en 1379, qui lancèrent un appel au roi pour qu'il chasse les Anglais.

Et le défilé rapide des Evêques continue. Jacques II d'Armagnac, en 1387, d'Auch Robert de Base, en 1390, Guillaume IX de Bois, en 1409, Pierre de Saluées, Géraud du Puy, en 1412, Jean III de Cordie, Rammufle de Pey-russi, Aldebert VI de Peyre de Marchastel, Gui de la Panouse, enfin Antoine de la Panouse, en 1467.

A ce moment les évêques eurent des démêlés avec les pouvoirs laïques. Le lieutenant du Sénéchal de Beaucaire, Lanalet, poussait ,les Mendois à établir un Consulat. Il avait même accordé une lettre patente, conférant à la ville Consulat et autonomie, mais Pierre IV Riario, neveu du pape Sixte IV, ainsi que son successeur lean IV Petit Dé, opposant les prérogatives du comté du Gévaudan, firent rétablir leurs droits en 1475. Julien II de la Rovère, autre neveu du pape précité, et Clément de la Rovère, neveu de ce dernier évêque, aussi bien que François de la Rovère, son frère, et enfin Guillaume Duprat, frère du chancelier de France, luttèrent pour la même cause et l'emportèrent, de sorte que Mende n'eut pas de Consul.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceEn 1504, la peste décimait le Gévaudan, aussi, après le décès de Jean de la Rochefoucauld, Charles I de Pisseteu, appelé à lui succéder, se démettait-il, en 1538, par crainte de la contagion.

Le Gévaudan et l'histoire de FranceNicolas d'Anger, plus courageux, prenait la place et ne cessait d'intervenir auprès du roi, "pour qu'il détruise les forteresses huguenotes". Renard de Beaume, Adam de Heurtelou, Charles Rousseau, Maréchal de France, Daniel de la Mothe Duplessis-Haudancourt, suivaient identique impulsion.

S'il n'arriva pas à ses fins, ce dernier prélat eut, au moins, mérite d'améliorer la cathédrale de Mende et il s'occupa beaucoup de Langogne en raison d'incessantes querelles d'intérêts qui naissaient entre son clergé et le monastère Bénédictin. Il accordait une indulgence spéciale à la Vierge vénérée en cette ville et préparait le projet que devait réaliser son successeur, Sylvestre de Cussy de Marcillac de poser la première pierre du monastère des Capucins, fondé à Langogne.

Hyacinthe Serroni, venu de Rome à la suite de Mazarin, prenait possession de l'évêché de Mende, aussitôt après avoir prononcé l'oraison funèbre d'Anne d'autriche, épouse du dit cardinal de Mazarin. Mais ce prélat Italien s'ennuyait en Gévaudan, aussi après avoir rétabli ses finances fort obérées, prenait-il subrepticement le chemin de Paris où il mourait, d'ailleurs, dès son arrivée. Le poste était repris par François de Baudri de Piancourt, qui marquait son séjour par de belles tapisseries données à la cathédrale, des grilles installées au château de Chanac, une chapelle bâtie à l'Hôpital et une belle allée de peupliers qui contribuait à l'embellissement de l'avenue, vers Chaldecoste.

Pierre V Baglion de la Salle de Saillant devenait évêque, en 1677, et Gabriel Florent de Choiseul Beaupré, en 1723, précédant Tean-Armand de Castellane, qui fermait la porte de l'évêché à l'heure de la Révolution de 1789. Avant son départ de Mende, il engageait son clergé à ne pas prêter serment à la Constitution. Il partait pour Versailles et il devait se faire tuer, dans une émeute, à l'Orangerie. Nogaret prenait sa suite et devenait le premier évêque ayant prêté serment à la Constitution.

L'étonnement naît de la cadence des successions, au siège épiscopal de Mende, de cette cohue de grands noms de l'armorial de France, défilant sans interruption, dans un pays déshérité et un petit évêché si peu attrayant. Leur empressement à prendre ce poste s'explique par la qualité de "comte du Gévaudan" y attaché et qui en faisait l'un des sièges les plus riches de France, procurant énormes prébendes aux titulaires. De hautes personnalités, au blason dédoré et à l'escarcelle aplatie, se disputaient l'ennuyeuse et lointaine prélature où ils ne faisaient qu'une virée, raflant le magot pour vite repartir vers des horizons plus riants.

Le parc des loups du Gévaudan

Le Parc du Gévaudan est né en 1963, et, à l'origine, il se situait à 1 km au nord de la commune de Chastel-Nouvel, à 7 km de Mende... C'est un journaliste, Gérard Ménatory, qui installa, dans un cadre de verdure, des loups, des aigles, des lynx, des cerfs, etc. Dix années plus tard, le Parc du Gévaudan était transféré au village de Sainte-Lucie, à 10 km de Marvejols, non loin de la N. 9. De nouveaux pensionnaires vinrent peupler de vastes enclos : des ours, des bisons, des bouquetins, des chamois, des mouflons, de sorte que Sainte-Lucie est devenu le village des animaux.

Ce Parc du Gévaudan, deuxième édition, a été créé par le vicomte Amaury d'Harcourt et par le marquis de Villeneuve Bargemon. Mais, depuis 1979, il a été acquis par le département de la Lozère et il est géré par la S.E.L.O, c'est-à-dire par la Société d'Economie Mixte Lozère. Dans les projets de la S.E.L.O. figurent, notamment, l'agrandissement du Parc, et, en particulier, l'enclos réservé aux loups qui demeurent, au pays de « La Bête », les vedettes du zoo du Gévaudan. Ouvert de Pâques à la fin du mois d'octobre.

L'Etoile Chambres et tables d'hôtes à La Bastide Puylaurent entre Lozère, Ardèche et Cévennes

Ancien hôtel de villégiature avec un magnifique parc au bord de l'Allier, L'Etoile Maison d'hôtes se situe à La Bastide-Puylaurent entre la Lozère, l'Ardèche et les Cévennes dans les montagnes du Sud de la France. Au croisement des GR7, GR70 Chemin Stevenson, GR72, GR700 Voie Régordane (St Gilles), Cévenol, GR470 Sentier des Gorges de l'Allier, Roujanel, Montagne Ardéchoise, Margeride, Gévaudan et des randonnées en étoile à la journée. Idéal pour un séjour de détente.